Bénévoles séniors, pourquoi pas vous ?

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12,7 millions de Français sont bénévoles au sein de structures associatives et 3 bénévoles sur 10 ont plus de 65 ans, selon une étude France Bénévolat-IFOP-Crédit Mutuel. Dominique Thierry, président et co-fondateur de France Bénévolat, nous éclaire sur l’univers associatif et la place particulière que les séniors entretiennent dans celui-ci.

Du bénévolat, d’abord pour soi

« Le bénévolat, c’est le meilleur moyen de lutter contre la solitude », estime Dominique Thierry, président et co-fondateur de France Bénévolat, une association mettant en lien les candidats bénévoles avec les associations.

Si ce n’est pas l’unique motivation, beaucoup de séniors donnent de leur temps à des associations pour se sentir utiles et ainsi sortir de leur isolement survenu suite à la difficile transition travail-retraite ou encore au décès du conjoint. L’univers associatif est un lieu d’échange collectif important qui amène les retraités à rencontrer du monde. Aussi bien à l’intérieur de la structure associative, par la rencontre d’autres bénévoles, que lors des actions en extérieur, en rencontrant des « bénéficiaires ». Et cela, quelle que soit la taille de l’association.

De plus, les séniors retrouvent une certaine reconnaissance, perdue lors du départ à la retraite. « Quand on est salarié, on est reconnu par le biais de sa carrière et de son salaire, ce que n’a plus un retraité. Il faut donc trouver d’autres formes de reconnaissance sociale », souligne-t-il.

Mais si « le bénévolat est facteur d’inclusion sociale », selon le président de France bénévolat, il sert aussi d’éducation à la citoyenneté. « Les jeunes ne sont pas les seuls concernés par cet enjeu, certains séniors en retirent plusieurs leçons », explique-t-il.

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Un choix qui ne s’improvise pas…

Malgré ce côté attrayant, il ne faut pas se lancer dans l’aventure sans réflexion préalable. Bien que la devise de France Bénévolat soit « le droit au bénévolat pour tous », Dominique Thierry reconnaît l’existence d’un certain paradoxe et lève le voile sur un préjugé : « Gérer une association est quelque chose de compliqué. Derrière un geste simple comme distribuer de la soupe sur un trottoir peut cacher toute une chaîne d’accompagnement derrière. Les associations demandent un certain niveau de compétence de la part de ses bénévoles et la situation est telle qu’on peut parler d’une professionnalisation du bénévolat », témoigne le président avant d’ajouter, « on assiste aujourd’hui à une montée en compétence qui à terme, pourrait aboutir à une plus stricte sélection des candidats ». Mais selon lui, c’est au milieu associatif de trouver son équilibre entre le besoin constant de bénévoles et ce que peuvent offrir ces derniers.

Le « bénévolat pour tous » n’est donc pas encore acquis et nombreux sont ceux à faire marche arrière face à la réalité du milieu. Être bénévole uniquement dans le but de compenser la peur du vide tourne souvent à l’échec s’il n’y a pas de motivation solide.

« Avant de se porter volontaire, il faut savoir ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas, ainsi que le temps qu’on a envie de donner », informe Dominique Thierry. Pour cela, l’association France Bénévolat reçoit plus de 19 000 personnes chaque année, afin de guider les personnes qui le souhaitent et leur offrir des conseils personnalisés.

 

… mais ouvert à tous

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Cependant, le président tient à être rassurant, même si on se s’improvise pas bénévole, il ne faut pas nécessairement de fortes disponibilités car d’abord, toutes les missions ne sont pas régulières et les associations ne demandent pas forcément un investissement de 35h/semaine. De plus, des missions simples qui ne réclament pas de compétences particulières existent et lorsque ce n’est pas le cas, des formations peuvent être proposées. « Les associations ont pris conscience de l’importance de former les bénévoles et de bien les gérer », conclut-il.

Et si tenter l’aventure effraie quelque peu au premier abord, commencer par aider son voisin dans le besoin peut-être déjà un premier pas dans la découverte de la solidarité.

 

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