Don d’organes : les seniors aussi !

Heart at the human hands

Plus d’1 donneur d’organes sur 3 est un senior. Et pourtant, nos aînés ne savent pas toujours qu’ils sont, comme tout le monde, des donneurs potentiels.

Moins d’1 personne sur 2 connaît le choix de ses proches

Actuellement, une greffe possible sur trois est refusée alors que 3 Français sur 4 se déclarent favorables au don d’organes pour eux-mêmes. Si le prélèvement d’organes ne se fait pas lorsque le défunt a préalablement déclaré ne pas être d’accord, il arrive encore trop souvent que le refus vienne des proches, qui n’ont pas eu connaissance du choix de la personne décédée.

Il est donc nécessaire de communiquer à ses proches sa décision d’accepter ou non, de donner ses organes après sa mort, si les conditions pour le faire sont réunies. Mais aussi, de se renseigner sur le choix de son entourage. Il faut savoir qu’en France, d’après la loi, nous sommes tous considérés comme des donneurs d’organes potentiels. En l’absence de signes d’opposition, le défunt sera déclaré comme consentant. Par signes d’opposition, sont pris en compte l’inscription au registre national des refus dont l’inscription est possible dès l’âge de 13 ans, tout en étant révocable à tout moment, et la déclaration de son refus à ses proches. Par proches, il faut entendre la famille, le compagnon et les personnes en grande proximité avec la personne décédée.

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Des donneurs de plus en plus âgés

Les proches ont donc une place prépondérante dans le système du don d’organes puisqu’en cas d’absence dans le registre national des refus, les médecins ont l’obligation de les consulter et de s’en tenir à leur choix. Sachez qu’une carte de donneur n’a aucune valeur légale à l’inverse des témoignages des proches. Dans l’urgence de la situation (les médecins ne peuvent maintenir en état les organes que quelques heures) et les souffrances qui l’accompagnent, la question du don d’organes peut être très mal vécue par l’entourage. Et notamment lorsque la question n’a jamais été abordée ou a été oubliée.

Les seniors ne se sentent généralement pas concernés par le don d’organes : « mes organes ne doivent pas être en bon état », « ma maladie ou mon traitement doivent sûrement m’empêcher d’être un donneur d’organes potentiel »… En fait, non. En 2013, un donneur avait en moyenne 56 ans. Une moyenne d’âge qui ne cesse d’augmenter au fil des années : en 1999, elle était de 40 ans puis de 50 ans en 2007. En outre, le receveur de greffe a lui en moyenne 50,6 ans.

Certes, il est vrai que le cœur n’est pas prélevé chez les donneurs âgés de plus de 60 ans, mais les reins, le foie ou encore la cornée peuvent provenir d’un donneur bien plus âgé. De plus, il n’y a pas de conditions de santé à remplir et les traitements et antécédents médicaux ne sont pas forcément un obstacle au don d’organes.

Un acte très encadré

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L’obstacle, pour certains, se trouve dans la réalisation concrète de la greffe. Et pourtant, la loi encadre parfaitement l’acte chirurgical. Il ne peut pas être réalisé si trois conditions ne sont pas réunies à propos du donneur : l’absence totale de conscience et d’activité motrice spontanée, la disparition totale des réflexes du tronc cérébral et l’absence de respiration spontanée. En d’autres termes, on ne peut pas vous prélever d’organes si vous n’êtes pas mort (contrairement à la crainte de 6% des personnes réfractaires).

De surcroît, après le prélèvement, l’équipe médicale s’assure que toutes les incisions soient refermées et le corps remis en état et rendu à la famille sans qu’aucun coût ne lui soit demandé. L’anonymat restera préservé puisqu’il n’y a pas de contact entre le receveur de la greffe et la famille du donneur. Cependant, celle-ci peut être tenue au courant des résultats de l’opération.

Toutefois, dire oui au don d’organes ne veut pas dire être forcément prélevé au moment de sa mort. La majorité des donneurs ont été en état de mort encéphalique, généralement suite à un AVC ou un traumatisme crânien… Ce qui concerne moins de 1 % des décès à l’hôpital. De quoi dissiper un peu plus les inquiétudes et les idées reçues à propos du don d’organes.

 

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