Médicaments : les personnes âgées frôlent l’overdose

Médicaments : les personnes âgées frôlent l’overdose

La France est la championne d’Europe en matière de consommation de médicaments. Cependant, une surmédicamentation s’avère risquée voire fatale pour les personnes âgées. Heureusement, il existe des solutions pour limiter la prise de médicaments à haute dose.

40% des ordonnances dangereuses pour les personnes âgées

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a réalisé une étude sur près de 350 ordonnances de personnes âgées de plus de 75 ans. Après avoir été analysées, l’association a pu mettre à la lumière du jour le phénomène de sur-prescription de médicaments pour les personnes âgées.

Les ordonnances récoltées contenaient en moyenne 8,6 médicaments avec un pic à 21 pour une seule personne. Pourtant, « à partir de cinq médicaments, le risque d’accident médicamenteux augmente considérablement.», nous apprend, dans le journal Libération, le professeur Olivier Saint-Jean, chef de service à l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. Aussi, au-delà de trois ou quatre molécules prises ensemble, il est difficile de connaître le métabolisme du patient.

Médicaments : les personnes âgées frôlent l’overdose

Ainsi, l’UFC-Que choisir tire la sonnette d’alarme. En effet, 10 à 20% des hospitalisations des plus de 65 ans sont dues à une mauvaise prise de médicaments.

Les médicaments des ordonnances étudiées ont ensuite été comparés à ceux de la liste Laroche qui regroupe la liste des médicaments potentiellement inappropriés à la pratique médicale française. Et surprise, 40% des ordonnances contiennent au moins un médicament déconseillé aux personnes âgées.

Pour l’UFC-Que Choisir, il est donc important de faire un sérieux ménage dans les ordonnances prescrites par les médecins.

Surmédicamentation : que faire ?

A partir d’un certain âge, la consommation de médicaments devient presque inévitable. Cependant, plus on vieillit, plus il est difficile pour notre corps de les éliminer car nos reins fonctionnent moins bien. Les médicaments s’accumulent donc dans les tissus et le sang. Ainsi, il est important d’adapter une attitude plus responsable face à la prise de médicaments.

L’UFC-Que Choisir préconise la « déprescription », c’est-à-dire, inciter les médecins à prescrire moins de médicaments. D’après l’association de consommateurs, les enjeux sont aussi bien sanitaires qu’économiques car la surmédicamentation a un coût pour notre système de sécurité sociale. En effet, les dépenses de médicaments ont atteint 33,5 milliards d’euros en 2013 en France et 90% d’entre eux étaient remboursables par la sécu.

Médicaments : les personnes âgées frôlent l’overdose

Selon un sondage du LEEM (Les Entreprises du Médicament), 90% des patients disent être prêts à accepter que leur médecin révise leurs ordonnances pour en vérifier la pertinence. Aussi, la majorité des seniors accepteraient qu’une consultation ne se termine pas forcément par une prescription de médicaments. Seulement 2% y verraient un manque d’attention à leur souffrance, d’après ce sondage.

Aussi, il est important que les personnes âgées consomment les médicaments de manière plus responsable. Il faut éviter de s’automédiquer. Chaque prise de médicaments doit être encadrée et validée par un médecin. De plus, il ne faut pas arrêter un traitement sans l’avis de son médecin qui est un professionnel en qui on peut avoir confiance.

Ainsi, pour que les Français ne passent plus pour être les européens les plus hypocondriaques, il faut que nos habitudes en matière de prise de médicaments changent. Comme dit le dicton, toute frontière, comme le médicament, est remède et poison. Et donc affaire de dosage.

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