Ordonnance de médicaments : gare à la rupture de stock !

medicament seniors

Entre les visites chez le médecin et les passages à la pharmacie, les seniors tentent de suivre la cadence afin de respecter leur traitement à la lettre. A ce sujet, certains professionnels de santé, comme le Docteur Jean-Marie Vetel, gériatre de GDP Vendôme, sont inquiets pour la sécurité des patients quant au renouvellement en temps et en heure des ordonnances. C’est pour cela que les personnes âgées, seules ou résidant dans un EHPAD doivent être suivies et encadrées pour ne pas rater l’échéance du renouvellement d’un médicament au risque de devoir faire face à une rupture de stock et à la suspension forcée du traitement.

Rupture de stock à la pharmacie

Pharmancy

Lorsque qu’une personne, vient à son officine pour un renouvellement d’ordonnance et que le pharmacien est en rupture de stock, cela pose le problème de la substitution d’un médicament par un autre. Dans le cas où  le médecin n’a pas écrit sur l’ordonnance « médicaments substituable », le pharmacien n’est pas autorisé à prescrire un autre médicament. Cela pourrait conduire le patient à interrompre son traitement.

« C’est exceptionnel que le pharmacien manque brutalement d’un médicament vital. Les délais de réapprovisionnement ne sont jamais trop importants, mais cela peut arriver », explique le Docteur Jean-Marie VETEL.

Renouvellement d’ordonnance en EHPAD

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Le problème des renouvellements d’ordonnance touche également les EHPAD. Pour les résidents, la visite du médecin (selon la durée prescrite sur l’ordonnance) est indispensable afin qu’ils puissent continuer en cas de besoin à suivre  leur traitement sans risque d’interruption. Cependant, un rendez-vous manqué peut arriver et dans ce cas, le service de soin des EHPAD doit être attentif au risque encouru par le patient et réactif si besoin est.

Dans le cadre d’une prescription trimestrielle, pour éviter un arrêt thérapeutique du fait d’un non renouvellement d’ordonnance, l’infirmière d’un EHPAD peut anticiper ce risque grâce aux outils informatiques. Un rappel automatique peut, par exemple, être programmé afin de la prévenir quelques jours avant la fin d’une prescription. Ainsi, elle pourra prévoir à l’avance une consultation avec le médecin généraliste au terme de laquelle, après son examen clinique, il pourra ou non décider de prolonger l’ordonnance de quelques temps.

Rupture de stock à domicile et la rupture d’observance

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De plus, les conditionnements, c’est-à-dire le nombre de comprimés par boite étant très différent les uns des autres, ne facilite pas les choses pour les patients. Durant tout le traitement, chaque  médicament risque de se trouver en fin de boite et donc en rupture à des moments différents des autres.

« Le pharmacien se trouve face à un risque médico-légal s’il donne un médicament manquant à un patient sans ordonnance d’un médecin, juste pour faire la – soudure – »,

explique le Dr Vetel.

 

Autre cas de figure, le problème posé par la rupture d’observance. En clair, cela correspond au fait qu’un malade, pour diverses raisons, oublie une ou plusieurs fois, ou ne prend plus du tout ses médicaments. Ainsi, le patient doit-il rattraper le retard ou peut-il reprendre son traitement comme si de rien n’était ?

« Le malade ne doit absolument pas rattraper son retard, cela risquerait de le conduire à un surdosage, il suffit qu’il reprenne comme prescrit les médicaments. Mais l’entourage doit alerter le médecin sur ces événements qui peuvent être graves », met en garde le Dr Jean-Marie Vetel.

Cela pose le problème de l’administration des médicaments dans ces circonstances, par une tierce personne…

L’ordonnance en ligne

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Face à ces divers problèmes, il apparaît donc primordial de mettre en place des moyens techniques permettant au malade de prévenir tout risque de rupture de stock ou d’oubli, en faisant appel notamment aux nouvelles technologies.

D’ailleurs, selon une étude publiée le 5 février par Accenture, 67% des personnes âgées de plus de 65 ans souhaiteraient être avertis par un rappel électronique pour le renouvellement de leur ordonnance et 63% apprécieraient un conseil de renouvellement directement par e-mail.

« Après s’être convertis à Internet pour leurs services bancaires, achats, loisirs et communications, les seniors entendent désormais pouvoir gérer en ligne certains de leurs services de santé », confirme Kiryakos Chebel, directeur des activités Santé d’Accenture en France.

 

Solutions idéales pour prévenir de nombreux risques de santé, la communication en ligne avec son médecin est encore trop peu exploitée. Pourtant, l’autonomie des seniors, au centre du débat public en ce moment, ne repose pas seulement sur l’adaptabilité du logement mais aussi sur la possibilité d’être davantage acteur de sa propre santé. La majorité des personnes âgées, par exemple, aimeraient pouvoir consulter leur médecin à distance. Mais cette révolution numérique dans le domaine de la santé ne fait pas encore l’unanimité. Quid d’un accès total à son dossier médical en ligne ? Seulement 21% des médecins approuvent cette pratique.

Débat subsidiaire : quand le médecin trouvera-t-il le temps de communiquer avec ses malades par internet et….comment serait-il rémunéré ? Idem pour le pilotage du médicament en tandem avec le pharmacien, autre hypothèse envisageable.

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