Quand parents et enfants doivent revivre ensemble

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D’ici 2035, les personnes âgées de plus de 65 ans auront doublé et celles âgées de plus de 85 ans auront triplé. On assiste à un vieillissement de la population sans précédent et la cohabitation intergénérationnelle se banalise de plus en plus. Tantôt les enfants marquent une pause dans leur vie en retournant vivre chez leurs parents après avoir pris leur indépendance, tantôt les parents coulent leurs vieux jours chez leurs enfants. Régression momentanée à plus de 40 ans (21 % des cas), dans une telle situation subsiste toujours le risque de retrouver sa place d’enfant, perdant ainsi toute l’autonomie acquise hors des murs de la maison parentale. Selon un rapport de Statistique Canada intitulé Vie familiale – Jeunes adultes vivant avec leur(s) parent(s), la tendance pour les jeunes adultes de demeurer ou de revenir au domicile parental s’est accrue au cours des deux dernières décennies. Selon le recensement de 2006, 43,5 % des quatre millions de jeunes adultes âgés de 20 à 29 ans vivaient au domicile parental, comparativement à 41,1 % en 2001 et à seulement 32,1 % en 1986.

« Génération boomerang »

Lorsque les enfants reprennent leurs droits au sein du cocon familial, et ce, après avoir pris leur indépendance, les causes peuvent être multiples :

  • Rupture amoureuse
  • Echec professionnel
  • Importantes difficultés financières, etc…

Ce phénomène, de plus en plus fréquent, a même été rebaptisé « Génération Boomerang » car au fond, « après avoir fait le tour du monde, tout ce qu’on veut c’est être à la maison. » comme le chante Orelsan, artiste très populaire auprès des jeunes. Il se trouve pourtant que le retour à la case départ ne se fait pas toujours naturellement et dans les meilleures conditions qui soient. Afin de mettre toutes les chances de votre côté pour une cohabitation sereine, veillez dans un premier lieu à prévoir un certain délai entre le moment où vous annoncez votre retour, et le moment où celui-ci prend réellement effet. La base de toutes bonnes relations est bel et bien la communication.

  • Une mise au point s’impose afin que tous les habitants de la maison s’accordent sur les nouvelles règles de vie qu’implique un tel retour en arrière : participation aux frais du quotidien ainsi qu’aux tâches ménagères, visites d’amis, sorties…

« Elle faisait le ménage pour me faire plaisir et je ne m’en rendais pas compte. Je lui préparais un repas, elle rentrait crevée et préférait regarder la télé… Je n’ai pas fixé de règles de vie commune pendant ces quatre mois, j’avoue que je n’y ai même pas pensé. » déplore une maman, dans un dossier consacré au sujet sur Psychologies.com. 

  • L’intimité de chacun se doit d’être respectée :

«  J’ai accueilli Stéphanie et ma petite-fille dans mon trente-sept mètres carrés, la promiscuité était difficile. Le soir, ma fille déroulait un matelas au sol. De plus, je travaille chez moi, c’était devenu quasi impossible… », se remémore une autre mère de famille.

  • Ne négligez et surtout n’abusez pas de l’implication dont vont faire preuve vos proches lors de votre « come-back » ! Une tête et surtout une « bouche » de plus dans le foyer familial représente inévitablement un surcroît de travail et un poids financier supplémentaire.
  • En tant que parent, vous restez seul décisionnaire de ce retour ou non. Passez en revue toutes les conséquences, en termes de fiscalité, qui pourraient découler du retour de votre enfant au domicile familial. En effet, si votre enfant est légalement domicilié chez vous, ses revenus viendront s’ajouter aux vôtres au titre de « cohabitant ».
  • N’infantilisez pas votre enfant, à présent devenu grand. Arrive un moment où, pour son équilibre personnel, vous ne devez plus intervenir dans sa vie ou orienter ses décisions.

Aussi, prenez garde à ne pas donner des allures définitives à cette cohabitation…

« Six mois de cohabitation devrait être la durée à ne pas dépasser. C’est suffisant pour se restaurer. Ensuite, les problèmes ne manqueront pas de surgir », met en garde Nicole Prieur, psychanalyste.

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