Seniors et étudiants : plus belle la colocation

Colocation etudiants seniors

En cette fin d’année scolaire, nombreux sont les étudiants demandeurs de logements pour la rentrée prochaine. De multiples solutions –adaptées à la bourse de chacun – existent. Parmi celles-ci, la colocation entre jeunes adultes et séniors. Une pratique qui semble faire l’objet d’un réel engouement de la part de tous, mais qui pourtant, dans les faits, n’obtient pas le succès escompté. Peur de l’inconnu ou refus de renoncer à son petit confort par égoïsme ? Analyse d’un nouveau phénomène de société.

La colocation intergénérationnelle répond, comme toute idée nouvelle, à un besoin. Le constat initial est simple : les personnes âgées souffrent de plus en plus de la solitude et les étudiants peinent à faire face à la crise. Jean-Paul Sartre a dit « L’enfer c’est les Autres » : probablement, mais pas que ! Parfois, l’Autre apparait également comme pièce maitresse de notre Univers…

Nos ainés, de vaillants solitaires

Nos aînés, les vaillants

L’espérance de vie croit d’année en année, pour ne pas dire de jour en jour et nous devons grandement cette avancée aux progrès de la médecine. En revanche, qui assure la qualité de vie de nos aînés ? Problématique trop souvent délaissée dans le passé, celle-ci fait à présent l’objet d’une réelle «mobilisation nationale» d’après le rapport d’un groupe de travail, au sujet de l’isolement dont sont victimes les personnes âgées. Ce fait est d’autant plus alarmant que les chiffres n’ont de cesse d’augmenter. En effet, en 2007 on recensait 8.8 millions de personnes vivant seules, dont 44% ayant plus de 60 ans contre seulement 6% en 1962. Ainsi va la vie, les années passent et le cercle social des seniors se voit de plus en plus restreint : la famille s’étiole, les liens d’amitiés se défont, l’éloignement géographique des enfants/petits enfants joue parfois en leur défaveur… Voyant leur situation comme une fatalité, les personnes âgées s’abandonnent à leur solitude et les conséquences peuvent être dramatiques. L’isolement peut, entre autre, conduire à des troubles neuropsychologiques tel que la dépression et ainsi de suite puisque le négatif appelle le négatif. Qui plus est, le corps et la tête entretiennent des rapports étroits… quand l’un va mal, l’autre n’est jamais loin. Un tel état d’esprit peut compromettre le quotidien entier. On se questionne sur le sens de ses faits et gestes : se préparer un bon dîner, prendre soin de soi et de son logement, s’aérer le temps d’une promenade… prennent des allures de corvées. La solution d’un quotidien en couleurs ne résiderait-elle pas dans le partage de ces moments à deux ?

Génération Y : une relève en difficulté

Relève en difficulté

Mais oui, mais oui, l’école est finie ! Baccalauréat en poche, l’oiseau prend son envol vers les bancs de l’Université, synonyme d’autonomie et d’indépendance. Malheureusement ou heureusement, le passage à l’âge adulte est jonché d’obstacles et l’aspect financier donne parfois du fil à retordre. Le prix de la liberté, ce sont les responsabilités. Pour la plupart, le budget est calculé au centime près et les folies ne sont pas toujours permises. En témoigne d’ailleurs l’enquête de l’OVE (Observatoire Nationale de la vie Etudiante), selon laquelle : le revenu moyen d’un étudiant s’élèverait à 940€. Les sources sont diverses et proviennent tantôt de rémunération d’activité tantôt d’aides publiques ou familiales. Toutefois, les dépenses également sont multiples. Si tous les étudiants ne sont pas logés à la même enseigne d’une ville à l’autre, on constate qu’en moyenne, 25% des sommes qu’ils perçoivent sont destiné au paiement du loyer. Au sein d’une société régie par l’argent, les concessions sont inévitables. Partager son toit et donc les charges ou renoncer aux vêtements et à la console de jeux ? Toutes les possibilités sont envisageables afin de minimiser les dépenses : Résidences universitaires, appartements de particulier, colocations entre amis ou amoureux… et pourquoi pas cohabitations intergénérationnelles ?

Aussi disparates soient la génération Y et celle du 3ème âge, un intérêt commun les rassemble : le besoin, la nécessité de partage. En voilà un bel état d’esprit vers lequel converger… Se nourrir de la différence de l’Autre, ça fonctionne ! C’est ce que nous tenterons de vous prouver dès vendredi à travers un zoom sur cette nouvelle façon de cohabiter !

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