Travailler de nuit fait vieillir plus vite le cerveau

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D’après une étude franco-britannique, travailler de nuit ou en horaires décalés ferait vieillir le cerveau plus vite et altérerait nos capacités cognitives. Cependant, ces effets ne sont pas irréversibles.

Un coup de vieux de 6,5 ans pour le cerveau

Le travail de nuit concernait, en 2012, 15,4 % des salariés, soit 3,5 millions de personnes, d’après les chiffres du Gouvernement. Les hommes sont une majorité à pratiquer ces horaires mais la proportion des femmes augmente fortement. Plusieurs professions sont concernées comme le personnel médical, les agents de surveillance, les routiers ou encore les agents de police. Mais, une étude qui a suivi plus de 3 000 salariés français entre 1996 et 2006 montre qu’après 10 ans de travail de nuit ou en horaires décalés le cerveau est plus vieux de 6,5 ans en moyenne. Les salariés suivis ont dû passer 3 tests en début, milieu et fin d’étude afin d’évaluer leur capacité de mémorisation, d’attention, de réactivité mais aussi leur santé (troubles du sommeil, cancers, maladies cardiovasculaire etc.). Et les résultats sont édifiants. Les capacités cognitives des personnes ayant des horaires atypiques sont moins bonnes que les autres salariés au bout de 10 ans.

Travailler de nuit fait vieillir notre cerveau

En effet, l’être humain est biologiquement constitué pour vivre le jour et dormir la nuit et non l’inverse. La plupart de ses capacités sont donc maximales en journée et minimales la nuit. Ainsi, dès que l’on perturbe ce rythme de vie en modifiant le schéma, des troubles se font sentir : on dort moins bien, on est plus susceptible d’avoir un accident du travail, et on augmente le risque de cancers. Et maintenant, s’ajoute des troubles cognitifs.

Cependant, cette étude nous montre aussi que ces résultats ne sont pas irréversibles.

Un retour à la normale au bout de 5 ans

Dès que l’on arrête totalement de travailler de nuit ou en horaires décalés, les effets persistent encore pendant 5 ans en moyenne. Après ces 5 années, on retrouve les capacités cognitives liées à notre âge effectif.

Des solutions existent aussi pour limiter les dégâts. D’après les propos rapportés sur le site d’Europe 1, Jean-Claude Marquié, chercheur au CNRS de Toulouse qui a coordonné l’étude, préconise un suivi médical personnalisé. Cela pourrait permettre de prévenir certaines maladies. Aussi, il invite à une meilleure organisation du travail permettant de favoriser les horaires les plus propices au sommeil. Par exemple, commencer à 6h du matin est plus préférable que de commencer à 4h.

Un homme en train de travailler de nuit

Le gouvernement propose d’ailleurs plusieurs démarches de prévention afin de limiter les risques. En effet, il propose de limiter le travail de nuit pour les seniors, par exemple, mais aussi de mettre en place un local de repos et de limiter l’exposition aux horaires de travail de nuit.

D’autres études avaient déjà été menées sur le sujet. Les risques décelés liés au travail de nuit diffèrent selon les études mais toutes s’accordent à dire que travailler de nuit ou en horaires décalés est néfaste à la santé.

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